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Chaire de recherche en géoscience côtière

Origine de la chaire

La chaire de recherche en géoscience côtière repose sur l’infrastructure du laboratoire de dynamique et de gestion intégrée des zones côtières. Elle a été initialement financée en 2007 grâce à l’initiative du Gouvernement du Québec relativement à son cadre pour la prévention des sinistres 2013-2020.

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Pourquoi une chaire de recherche en géoscience côtière ?


Des changements globaux qui augmentent la vulnérabilité des populations côtières aux aléas côtiers

Avec des taux moyens annuels d’érosion de l’ordre de 0,5 à 2 m à maints endroits, l’érosion des côtes de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent ne diffère guère de la tendance mondiale. Rien n’indique que ce phénomène ira en s’atténuant dans le contexte des changements climatiques. L’une des plus importantes conséquences des changements climatiques à l’échelle planétaire est l’accélération de la hausse du niveau marin mondial. Plusieurs prédisent que cette hausse du niveau marin sera accompagnée d’une augmentation des impacts des tempêtes ce qui entraînera une accélération de l’érosion côtière et une augmentation de la fréquence de submersion des côtes basses. Les risques naturels entraînent de nombreux impacts sociaux dans les collectivités côtières du monde, entre autres, une détérioration de la qualité de vie des résidents côtiers, des stress chroniques, une détérioration de la santé, des modifications dans les activités traditionnelles et commerciales, une croissance des conflits d’usage et la perte de vies humaines. Ces constats ont amené les gouvernements et les grandes organisations mondiales à investir dans le développement de méthodes d’évaluation des risques côtiers.

Les aléas côtiers au Québec : enjeux majeurs du développement territorial côtier

Au Québec, la réduction du couvert de glace depuis la fin des années 90 expose déjà le littoral à un plus grand nombre d’événements de tempête. Les prévisions indiquent une réduction encore plus marquée du nombre de jours avec de la glace côtière, ce qui va augmenter le risque d’exposition des infrastructures et des populations côtières aux tempêtes. Au Québec, les impacts de l’érosion et de la submersion se manifestent sur le plan socio-économique par des dommages occasionnés aux cadres bâtis (résidentiels, commerciaux, patrimoniaux, infrastructures de service), aux réseaux routier et ferroviaire, par une réduction de la qualité de vie de certains résidents, de même que par des perturbations aux activités économiques et par la hausse des coûts d’entretien des infrastructures côtières. Ils se manifestent aussi, sur le plan écologique, par la perte ou la modification d’habitats, dont les effets se feront sentir sur les activités traditionnelles et commerciales des communautés littorales.

Le développement d’une chaire de recherche en géoscience côtière à l’UQAR

La création de cette chaire répond à un besoin important de connaissances sur la dynamique de l’évolution côtière de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent exprimé par les différents intervenants et le gouvernement afin d’assurer un développement durable en milieu côtier. L’Université du Québec à Rimouski possède une masse critique de chercheurs dans les différentes disciplines du domaine maritime (géoscience, géographie, biologie, gestion, génie, physique, chimie, sciences sociales), en plus de ses nombreux programmes de formation axés spécifiquement vers ce domaine. L’UQAR est déjà fortement engagée sur les problématiques des risques côtiers en collaboration avec différents intervenants des gouvernements du Québec et du Canada, des municipalités, des MRC, des entreprises privées et des organismes régionaux. Ce contexte scientifique et académique, son réseau de collaborations déjà établi et une infrastructure de recherche unique au Québec dans le domaine maritime permettent à l’équipe de la chaire de poursuivre le développement de ce créneau d’excellence dans l’Est du Québec.

Depuis sa création, l’équipe de la chaire travaille à évaluer les impacts et les enjeux liés à l’érosion côtière ainsi qu’à la submersion. Cela sert à faire une meilleure planification du développement du territoire côtier et des activités qui s’y déroulent, en tenant compte des risques d’érosion et de submersion selon différents scénarios climatiques. Les résultats des recherches ont contribué à développer des outils et des solutions d’adaptation pour réduire les risques côtiers auprès de 5 ministères du Gouvernement du Québec, 6 ministères du Gouvernement du Canada, Hydro-Québec, 8 entreprises privées en Génie-conseil et environnement et à plus de 15 autres organismes locaux. À ce jour, 58 municipalités côtières ont pu bénéficier de nos recherches pour élaborer des plans d’urbanisme adaptés à la dynamique côtière.

Programmation scientifique (2016-2021)


Le programme de recherche 2016-2021 « Vers une gestion préventive des risques côtiers et l’application de solutions adaptées aux besoins de la société et aux changements climatiques »
vise à développer et à fournir les connaissances et les outils nécessaires pour développer des solutions novatrices qui sont adaptées aux contextes locaux tant sur le plan de la dynamique côtière, des aspects sociaux, économiques et culturels qu’environnementaux. Il s’articule autour de trois axes de recherche :

Axe 1 : modéliser les aléas côtiers dans un contexte de changements climatiques ;

Axe 2 : quantifier la vulnérabilité et la résilience de la zone côtière aux aléas côtiers (communautés, infrastructures, écosystèmes) dans un contexte de changements climatiques pour renforcer les capacités d’adaptation à l’échelle régionale ;

Axe 3 : développer et expérimenter des solutions adaptées aux différents contextes locaux et régionaux du Québec maritime pour réduire les risques côtiers actuels et futurs.

                                  
                            Liste des projets en cours :

Chaque projet fait l'objet d'une description détaillée dans l'onglet Projets en cours.

Axe 1 :

-Programme de mesure et de modélisation de la morphodynamique de l’érosion et de la submersion côtières dans l’estuaire et le golfe du Saint‑Laurent (MoDESCo) – Phase III.

-Influence de la réduction du couvert de glace sur l’érosion côtière en bordure des infrastructures routières de l’Est du Québec dans un contexte de changements climatiques.

-Reconstitution historique et projection des variations du niveau marin relatif pour l’estuaire maritime et le golfe du Saint‑Laurent.

 -Modélisation conjointe de l’évolution future des phénomènes d’érosion et de submersion côtières pour le développement d’une cartographie multialéas des côtes de l’estuaire maritime et du golfe du Saint-Laurent. 

-Développement de plateformes topo-bathymétriques polyvalentes optimisées pour une utilisation en zones côtières.

Axe 2 :

-Projet Résilience côtière : vers le développement d’outils et de solutions d’adaptation durables pour les municipalités côtières de l’Est du Québec.

-Analyse de la dynamique des foyers d’érosion en bordure de la route 138 sur la Côte-Nord afin d’identifier des solutions d’adaptation pour la route 138.

Axe 3 :

-Évaluation de l’efficacité de différentes mesures et techniques d'adaptation et de protection utilisées au Québec et à l’international pour faire face aux aléas côtiers.

-Développement et application d’une méthodologie d’analyse de risque et de solutions pour l’érosion et la submersion côtières.

-Suivi morphosédimentologique d’une plage de la Côte-Nord dans le cadre de l’expérimentation du système « Rolodune » pour réduire l’érosion de la côte.

-Suivi environnemental de travaux de rechargement de plage dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent et suivi de la renaturalisation d’une plage comme solution d’adaptation aux aléas côtiers.

 

Titulaire de la chaire



Pascal Bernatchez, Ph. D.

Domaine de recherche : Géoscience côtière, risques naturels côtiers et changements climatiques, vulnérabilité et résilience des écosociosystèmes côtiers, télédétection et géomatique côtière, déglaciation et variations du niveau marin, Gestion intégrée des zones côtières.

Courriel : pascal_bernatchez@uqar.ca

Pascal Bernatchez possède un doctorat en géomorphologie côtière et télédétection de l’Université Laval. Il est titulaire de la Chaire de recherche en géoscience côtière à l’Université du Québec à Rimouski et dirige depuis 2003 le Laboratoire de dynamique et de gestion intégrée des zones côtières. Il est membre des centres d’excellence interuniversitaire Centre d’études nordiques et Québec-Océan. Il est aussi membre du Groupe de recherche sur les environnements nordiques BOREAS.

Ses recherches portent sur la quantification de l’érosion et de la submersion côtières, des variations des niveaux marins, du couvert de glace et des changements climatiques et leurs effets sur la sensibilité et la vulnérabilité des zones côtières. Il s’intéresse particulièrement  aux différents enjeux et perceptions associés aux aléas climatiques (écologique, transport et cadre bâti, environnementaux, sociaux et culturels) afin de développer des solutions d’adaptation aux aléas côtiers. Il s’intéresse aussi au développement d’outils, de plateformes et de méthodes de télédétection et de géomatique pour quantifier ou cartographier les changements côtiers et les conditions environnementales servant aux études de risques et de solutions d’adaptation et sur les écosystèmes côtiers. Son équipe travaille en collaboration avec le gouvernement du Québec à établir pour l’ensemble des côtes du Québec des projections d’évolution côtière qui tiennent compte des changements climatiques pour le zonage des risques naturels.

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